Après vous avoir parlé du vol à voile et de la formation, rien de tel, pour vous plonger dans
l'ambiance du vol, que les témoignages de nos pilotes sur leur vols et leur premier solo.
Même après des années, le premier solo reste un moment inoubliable et plein de magie.
Ce n'est pas facile à expliquer mais les témoignages suivants sont bien le reflet de cet
évènement extraordinaire, aboutissement mais également et surtout, un départ vers des aventures fabuleuses...
Objectif: Voler !!! - Brice Rinchon (Solo le 25 Juillet 2008)
Un mot, quelques lettres et pourtant tant de plaisir.
Un jour la passion m’a pris sans que je m’en rende compte et cette envie irrésistible de voler est restée en moi
et restera encore longtemps.
Il m’a fallu un certain temps pour décider de passer le cap et d’enfin me lancer dans l’aventure. Le vol c’est
avant tout une passion qui demande du temps, de l’argent mais surtout de la patience et de la persévérance
car il ne s’agit pas seulement de tenir la machine en l’air mais de progresser continuellement et
d’apprendre durant chaque vol !
Après avoir travaillé plusieurs semaines et empoché la mise de départ je me suis inscrit au club et j’ai
rempli toutes les petites formalités de départ afin d’être prêt pour le stage de juillet. L’envie de commencer
la formation me démangeait au point de ne plus passer un jour sans aller sur internet pour piocher des informations
concernant ce sport.
Le grand jour enfin arrivé, je me suis présenté aux quelques membres qui se trouvaient sur place afin de commencer
mon instruction et réaliser mon baptême tant attendu. Ce fut extraordinaire et franchement un moment qui restera
gravé dans ma mémoire.
Le premier vol trop vite terminé, je n’attendais plus qu’une chose, que les jours s’enchainent afin de voler et
d’évoluer dans cet environnement magnifique.
Tout au long du stage les instructeurs se sont succédé, apportant chacun leur petit grain de sable dans le but
de me faire progresser et d’apprendre les bases du pilotage. Chaque jour, ainsi que chaque vol étaient uniques
et me procuraient de plus en plus de sensations aux commandes du planeur.
De fil en aiguille après 14 décollages
et plusieurs heures de vol en double commandes, mon premier vol en solo est arrivé. Pour ce qui a été les
plus belles et les plus stressantes minutes de ma vie.
Cette première expérience m’a paru d’une longueur incroyable mais quel plaisir de se retrouver aux commandes,
seul, tout en entendant encore les voix de mes instructeurs qui me donnaient des conseils. Je ne crois pas me
rappeler avoir été autant concentré sur un laps de temps aussi court. Mes mains étaient accrochées au stick,
mes yeux complètement obnubilés et mon cœur battait à du 120.
Une fois l’atterrissage réussi, un énorme soulagement et une joie de dingue m’on submergé ; il m’a fallu
quelques minutes pour me rendre compte de ce que je venais de faire.
Ce premier solo réussi, je devais confirmer cela sans relâcher la pression et surtout en essayant de faire mieux
que le précédent car pour André « un atterrissage de précision est un atterrissage réussi ».
Le lâcher solo signifie donc à mes yeux le début d’une belle aventure et de beaux souvenirs en perspective.
Sans oublier une douche mémorable et un « compte bière » légèrement en négatif.
Tout ceci ne fait que commencer mais il faut bien dire que ce rêve n’aurait jamais débuté sans le dévouement,
la bonne humeur et le professionnalisme de nos instructeurs.
MERCI !!!!
Le rituel après le deuxième solo...
Mes premiers solos: Philippe O. Lambert (Solo le 10 Août 2008)
Tout avait pourtant si bien commencé :
- je me retrouvais dans un groupe fort sympathique - avec Baudouin et Gaël,
- avec un instructeur enthousiaste - Bruno,
- qui ne frappe pas ses élèves - je ne citerai pas de noms,
- il faisait beau,
- la bouffe était bonne.
Mais pourtant, après 3 jours de stage et 7 ou 8 vols, une petite voix s’élevait lentement en moi me disant de
façon très claire un truc du style : « tu seras lâché en 2015, si tout va bien ».
Plus rien n’allait en effet à part le décollage et le remorquage : ni le vol (symétrie, virage,
centrage des ascendances, …) ni l’atterrissage qui n’était déjà pas mon point fort.
Malgré la science et la persévérance de mon instructeur, rien n’y faisait.
Le quatrième jour du stage, nous visitâmes Prague car la météo annoncée n’était pas terrible.
Après cette petite coupure culturelle, je rejoignis le terrain le lendemain avec une grande envie d’en découdre.
Ce 5ème jour allait être un grand jour. Au soir, à la fin du troisième vol et dernier vol de la journée, Bruno me dit :
- je pense que tu es mûr : tu passeras ton check avec André demain.
Le lendemain donc, je réalise un vol avec André. Tout se passe relativement bien. Je passe avec succès le test
des aérofreins qui sortent tout seul durant le vol et je n'atterris pas trop mal : ni appontage, ni labourage.
Correct.
André descend du planeur et me dit :
- tu sais, Philippe, ton apprentissage ne fait que commencer.
En moi-même, je me dis que les carottes sont cuites et que le lâché se confirme pour 2015.
Mais l’instant d’après, il retire son parachute du planeur et me dit que je n’aurais sûrement pas besoin
d’un deuxième parachute.
Le temps d’aligner la machine et de refaire ma check-list et me voilà en l’air, tout seul. Je largue et là,
dans l’intimité de mon cockpit, je hurle mon bonheur.
Et je constate rapidement que sans instructeur, seul à bord, ça monte nettement mieux ! Et puis, quel silence !!!
Quoique. Seul à bord ? J’ai l’impression que tous les instructeurs que j’ai épuisés durant mon apprentissage sont
coincés en place arrière et me conseillent : du pied ! ton fil ! ta vitesse ! Il y a là Bruno, André, les deux Philippe,
Bob, Jean-Louis et Thierry.
Au bout d’une vingtaine de minutes, j’atterris et après l’arrêt complet du planeur, je pousse un grand cri de
soulagement.
Après le traditionnel seau d’eau, je repars pour mon second solo. Un peu plus relax, moins tendu. J’arrive même
à apprécier l’atterrissage, c’est dire.
Le soir, je m’endors et rêve de nuages et de planeur.
Le lendemain matin, après le briefing météo tyrolien, Philippe Roose se tourne vers moi et dit :
- bon, Baudouin et toi, vous prenez le K6 aujourd’hui.
Après un petit blanc, histoire de comprendre ce qui m’arrive et de passer en revue des hypothèses variées
du style, il est fatigué, il est saoul, il est devenu fou ?, j’arrive à formuler un :
- mais, Philippe, rappelle toi, j’ai été lâché hier.
- Ben oui, et alors ?
- Ben rien.
Et d’abord, qui suis-je pour discuter les instructions de Philippe, un gars qui a passé 25.000 heures en l’air ;
quelle idée? Non mais.
J’ai quitté la salle de briefing avec un étrange sentiment, mélange de joie, de curiosité et peut-être aussi un
soupçon d’appréhension.
Après avoir été briefé par Bruno et reçu la bénédiction de Manfredo (qui a tout de même lâché un petit « ma, ils
veulent ma mort !!!»), me voici donc enfin installé dans la bête. Baudouin me donne un petit coup de main
pour m’harnacher et c’est parti.
Le rituel après le deuxième solo...
« Comment tu le sens ? » - Gael Dée (Solo le 11 Août 2008)
Je ne réponds pas vraiment à cette question, posée à l'issue du vol de check.
Car celle-ci a valeur d'affirmation: je vais être lâché solo.
Comment je le sens?
Difficile à dire. Je repense aux quatre vols de la journée écoulée, et à cette appréhension
après chaque atterrissage: serait-ce aujourd'hui? Sensations irréelles après six jours intensifs
de double commande.
Le temps semble s'écouler au ralenti alors que nous ramenons le planeur en début de piste.
J'enfile mon parachute et m'installe aux commandes. Je parcours la check-list machinalement.
Les palonniers sont légers, promesse d'une liberté aérienne à venir.
Longue attente avant le remorquage: les Tchèques, farceurs et soucieux de pimenter mon 1er solo,
ont décidé de changer de piste. Histoire de me mettre à l'aise, le pilote remorqueur me raconte
son 1er solo: « un désastre » me dit-il en souriant.
Palabre et décision: je décollerai de la 24 mais reviendrai atterrir sur la 06.
Enfin, çà y est: notre attelage s'ébranle. Un pincement au cœur et puis concentration totale.
J'essaye de me rappeler des leçons accumulées au cours du stage.
100, 200, 300, 400 mètres... nous montons, secoués par les turbulences... la météo a elle aussi
décidé de pimenter mon vol. Le vario électrique se met soudain à crépiter. Je largue.
Le calme envahit le planeur, en même temps qu'une sensation de plénitude me submerge. J'essaye d' « enrouler »
la pompe, je me bats avec elle quelques moments, en vain: je ne resterai pas longtemps en l'air.
Qu'à cela ne tienne, j'en profite pour admirer la ville de Budweis toute proche et le paysage alentour en
attendant d'entamer mon circuit d'approche.
J'atterris quelques minutes plus tard (ou plutôt devrais-je dire apponter... hum hum). Le planeur s'immobilise,
je sens tout mes muscles se relâcher: çà y est, je l'ai fait!
Je savoure l'instant, tout en me rendant compte que je n'étais pas seul lors de mon vol. J'étais en effet
accompagné par des copilotes qui nous seront restés fidèles tout au long du stage: satanées mouches!
Le rituel après le deuxième solo...
Baudouin Stalport (Solo le 9 Août 2008)
Sur l’air des amoureux des bancs publics
De Georges Brassens
Les gens qui vol’nt de travers
Pensent que les KA 13
Qu’on voit dans les hangars.
Sont faits pour les impotents ou les ventripotents.
Mais c’est un’ absurdité, car à la vérité,
Ils sont là c’est notoir’,
Pour accueillir quelques temps,
Les pilotes débutants.
Refrain
Les amoureux qui vol’nt sur des plastics
Des plastics, des plastics
En s’ foutant des KA 13 du jurassiqu’
Des débutants honnêtes.
Les amoureux qui vol’nt sur des plastics
Des plastics, des plastics
Regrettent encore les temps préhistoriques
D’ leurs débuts aéronautiques
Ils tiennent leur stick par la main
Et rêvent d’un lendemain,
Au ciel bleu d’azur.
Qui profilera l’épure d’leur machine à voler
Ils se voient déjà douc’ment,
Lui trimant, l’autre navigant,
Dans un air d’aventure.
Et honnissent déjà la vache qui les fait trembler.
Au refrain
Mais quand l’instructeur Machin
Croise sur son chemin,
Un pilot’ qu’a mal appris.
Il le met à pied d’office sur un planeur miteux.
N’empêche que tous les membres du club,
(les deux Phil, André, Bruno, Bob, Jean Louis, Piet ou Thierry . . .)
Voudraient bien de temps en temps
Pouvoir gueuler comme eux